les mauvais et les bons souvenirs passés à bord

Les mauvais moments
- comme mécanicien je garde un mauvais souvenir :
• des quarts effectués à la machine (bruits des moteurs, odeurs de gas oil et de gaz d'échappements, chaleur),
• des travaux sales et peu ragoutants effectués (nettoyage au gas oil avec un bouchon d'étoupe et peinture de la cale, nettoyage des échappements...),
• en mer des horaires de quarts décalés chaque jour perturbant complètement le sommeil,

- en mer par mauvais temps le poste de l'équipage était envahi par des odeurs de toutes sortes (transpiration, gas oil, vomi...)
Les bons moments
- en mer lorsque je n'étais pas de quart j'aimais beaucoup passer quelques moments sur l'un des deux ailerons de la passerelle en particulier la nuit, il y régnait une atmosphère très particulière, cet immense espace vide autour de nous, le calme relatif qui y régnait, seul le bruit des moteurs troublait cette quiétude,

- les parties de tarauds le soir,

- me retrouver dans la barbette arrière à me reposer au soleil à l'abri du vent et des regards étalé dans les aussières,

- les sorties à terre (cinéma, plage, escapade vers Nice...),

- les permissions (1),

- les appareillages au moment d'entrer et de sortir de la rade,

- à la machine, lorsque les électriciens avaient connecté le câble électrique sur la borne du quai, donnant ainsi le signal pour arrêter le groupe électrogène nous libérant du quart à la machine,

- la douche après le quart à la machine,

- tous les mois le jour de la remise de la solde, car je touchais mes 15.00 NF + mes 8 timbres + mon bon de colis + mes cigaettes "Troupes" alors que je ne fumais pas (rire bien sur).
 
(1) - les demandes de permissions se faisaient par écrit auprès de notre patron (maître principal responsable des mécaniciens), qui la transmettait au commandant, ma première demande fut rejetée, tout cela pour ne pas avoir respecté dans les termes la façon de demander, il fallait écrire sur la demande, par exemple : "je sollicite la haute bienveillance de mes supérieurs pour m'autoriser à partir en permission de 48 h du 1er mars 1963 à 17 h au 3 mars 1963 à 7 h".

Pour les permissions de 48 h :
• départ le vendredi de Toulon vers 18 h,
• arrivée le samedi à Paris gare de Lyon vers 6 h du matin,
en général sortie avec les copains le samedi soir,
• départ le dimanche de Paris gare de Lyon 18 h,
• arrivée le lundi à Toulon vers 6 h,
soit 12 h de train, la plupart du temps il n'y avait pas de place assise, on arrivait tout de même à dormir allongés dans les couloirs ou assis sur la valise, le lundi matin la reprise du boulot était plutôt difficile.